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ActuFormation #12 — Jeunes, IA, télétravail, écologisation et appartenance : les cinq signaux qui redessinent la formation

Bienvenue dans ActuFormation, le podcast qui décrypte chaque semaine l'actualité de la formation professionnelle, des RH et du développement des compétences. Dans cet épisode, nous explorons cinq sujets qui redessinent en profondeur le paysage de la formation et du management en 2026. 1️⃣ Jeunes a

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ActuFormation #12 — Jeunes, IA, télétravail, écologisation et appartenance : les cinq signaux qui redessinent la formation

ActuFormation #12 — Jeunes, IA, télétravail, écologisation et appartenance : les cinq signaux qui redessinent la formation
19 juillet 202612 min de lecturePar ActuFormation Podcast

Bienvenue dans ActuFormation, le podcast qui décrypte chaque semaine l'actualité de la formation professionnelle, des RH et du développement des compétences. Dans cet épisode, nous explorons cinq sujets qui redessinent en profondeur le paysage de la formation et du management en 2026. 1️⃣ Jeunes au travail : et si les nouvelles générations n'étaient pas le problème, mais le révélateur des dysfonctionnements managériaux ? Nous analysons la tribune d'Agathe Roche (Julhiet Sterwen) et les travaux de l'Institut Montaigne, Bpifrance Le Lab et du Céreq. 2️⃣ IA générative et souveraineté cognitive : comment l'intelligence artificielle reconfigure silencieusement nos raisonnements en entreprise. Un enjeu majeur pour les organismes de formation et les CFA qui utilisent l'IA au quotidien. 3️⃣ Télétravail : une enquête LHH révèle un écart de 30 points entre la perception que les dirigeants ont de leur propre télétravail (78 % le jugent adapté) et celui de leurs équipes (49 %). Un paradoxe qui interroge les politiques managériales. 4️⃣ Écologisation des métiers du BTP : le Céreq publie en juin 2026 un état des lieux alarmant. La transition écologique est portée par les directions, mais le contenu du travail réel évolue à peine. Quelles conséquences pour la formation ? 5️⃣ Sentiment d'appartenance : investissement stratégique ou charge comptable ? Chiffres Gallup et BetterUp à l'appui, nous décortiquons pourquoi ce curseur invisible conditionne la performance collective. 🎯 Cet épisode s'adresse aux responsables formation, directeurs de CFA, dirigeants d'organismes de formation, DRH, formateurs et consultants qui souhaitent anticiper les mutations de leur secteur. 📚 Sources citées : Institut Montaigne 2025, Bpifrance Le Lab & Fabrique Spinoza 2025, enquête LHH T1 2026, Céreq Essentiels juin 2026, Observatoire de la formation professionnelle du Québec, études Gallup et BetterUp. 🔔 Abonnez-vous pour ne manquer aucun épisode d'ActuFormation. 💬 Partagez vos réactions en commentaire : quel sujet vous semble le plus urgent à traiter dans votre organisation ? #FormationProfessionnelle #RH #IA #Télétravail #Management #Écologisation #BTP #CFA #Apprentissage #Podcast

⏱ Durée estimée : 18 minutes

Chapitres

  • 00:00 — Introduction et sommaire de l'épisode
  • 01:30 — Sujet 1 — Jeunes au travail : révélateurs des mutations managériales
  • 05:00 — Sujet 2 — IA générative et souveraineté cognitive
  • 08:30 — Sujet 3 — Télétravail : l'asymétrie de perception dirigeants/équipes
  • 12:00 — Sujet 4 — Écologisation des métiers du BTP : ce que dit le Céreq
  • 15:00 — Sujet 5 — Sentiment d'appartenance : un investissement stratégique
  • 17:30 — Conclusion et ce qu'il faut retenir

Mots-clés

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Script complet

[PAUSE] Bonjour à toutes et à tous, et bienvenue dans ActuFormation, le podcast de la formation professionnelle. Je suis ravi de vous retrouver pour ce nouvel épisode, où nous allons décrypter ensemble cinq sujets qui, mis bout à bout, dessinent une image saisissante des mutations en cours dans le monde du travail et de la formation.

[PAUSE] Au programme aujourd'hui : le rapport des jeunes au travail — et pourquoi il ne faut peut-être pas les pointer du doigt aussi vite. Ensuite, un sujet brûlant : l'intelligence artificielle générative et ce que j'appellerais, avec Alexandre Stourbe, notre souveraineté cognitive. Troisième temps : une enquête LHH révèle un paradoxe fascinant sur le télétravail vu par les dirigeants. Quatrième arrêt : le Céreq publie une étude importante sur l'écologisation des métiers du BTP, et ses conclusions sont dérangeantes. Et enfin, on parlera du sentiment d'appartenance : simple mot à la mode RH, ou véritable levier économique ?

[PAUSE] Installez-vous confortablement, on y va.

[TRANSITION]

[FORT] Sujet numéro un : les jeunes au travail, révélateurs des mutations du management.

On entend beaucoup de choses sur les jeunes actifs. Qu'ils seraient absents, désengagés, qu'ils refuseraient l'autorité, qu'ils changeraient d'employeur comme de chemise. Bref, un discours souvent alarmiste. [PAUSE] Mais si on se trompait de coupable ?

C'est la thèse défendue par Agathe Roche, senior manager au cabinet Julhiet Sterwen, dans une tribune parue en juillet 2026 sur FocusRH. Sa position, appuyée par les travaux de l'Institut Montaigne, de Bpifrance Le Lab et du Céreq, est limpide : formuler la question en termes générationnels, c'est chercher le problème du côté des salariés plutôt que d'interroger les organisations elles-mêmes.

[PAUSE] Et cette nuance change tout.

Ce que les jeunes expriment — parfois bruyamment, souvent par un retrait silencieux — traduit en réalité des attentes que l'ensemble des salariés partagent de plus en plus. Autrement dit, ils ne sont pas différents. Ils sont juste les premiers à dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas.

[FORT] Premier enseignement : les jeunes ne refusent pas de travailler. Ce qui a changé, c'est le seuil d'acceptabilité.

Ils réagissent plus vivement à trois choses : les incohérences entre le discours managérial et la réalité du terrain, les procédures qui brident inutilement leur autonomie, et le sentiment d'être interchangeable. [PAUSE] Ce n'est pas un rejet de l'autorité. C'est une demande de légitimité. L'autorité doit se fonder sur la cohérence et la qualité de la relation, pas seulement sur le statut hiérarchique.

Pour vous, responsables de formation, directeurs de CFA, formateurs, cela a des implications très concrètes. Vos apprenants ne sont plus des récepteurs passifs. Ils attendent de la cohérence entre ce qu'on leur promet et ce qu'ils vivent. Ils veulent comprendre pourquoi ils apprennent tel contenu. Et ils décrochent — vraiment — quand le formateur ne peut pas justifier sa démarche autrement que par un « c'est comme ça ».

[PAUSE] Retenez cette idée : les jeunes ne sont pas le problème. Ils sont le signal.

[TRANSITION]

[FORT] Sujet numéro deux : IA générative et souveraineté cognitive.

Celui-là, il mérite qu'on s'y arrête longuement. Parce qu'il touche à quelque chose de profond dans notre manière de travailler.

L'intelligence artificielle générative est aujourd'hui partout dans les organisations. Elle rédige des comptes rendus, synthétise des analyses, prépare des décisions RH, formalise des plans d'action. Et ce glissement, comme le souligne le consultant Alexandre Stourbe, est progressif, souvent imperceptible.

[PAUSE] Sa question est redoutable : qui influence la manière dont vos équipes lisent la réalité ?

Car l'IA ne se contente pas de produire des réponses plus vite. Elle installe des cadres de lecture. Elle sélectionne des priorités. Elle simplifie des tensions. Elle rend certaines interprétations plus accessibles que d'autres. [FORT] Et tout ça, sans qu'on le voie.

Prenons un exemple concret. Un responsable formation demande à un outil d'IA de synthétiser les besoins exprimés lors d'un plan de développement des compétences. La réponse arrive : bien écrite, hiérarchisée, apparemment objective. [PAUSE] Mais ce qu'il ne voit pas, c'est que certains verbatims ont été pondérés, d'autres marginalisés. Certaines catégories ont été jugées prioritaires selon des critères totalement opaques.

Pour les organismes de formation et les CFA, le risque est majeur. Si vous déléguez à l'IA la rédaction de vos programmes, la personnalisation de vos parcours, l'analyse de vos évaluations apprenantes, vous vous exposez à une dépendance cognitive. Vos décisions pédagogiques ne sont plus vraiment les vôtres. Elles sont pré-mâchées par une machine dont vous ignorez les biais.

[PAUSE] Attention : je ne dis pas qu'il faut refuser l'IA. Ce serait absurde. Ce que je dis, c'est qu'il faut la questionner. Toujours. Systématiquement. Se demander : qu'est-ce que l'outil a mis en avant ? Qu'est-ce qu'il a occulté ? Est-ce que sa synthèse correspond à ce que j'aurais moi-même perçu ?

La souveraineté cognitive, c'est ça : garder la main sur son propre raisonnement.

[TRANSITION]

[FORT] Sujet numéro trois : le télétravail, ou le grand écart de perception.

Six ans après la crise sanitaire, le télétravail reste un sujet clivant. Et une enquête menée par LHH au premier trimestre 2026, auprès de 103 cadres dirigeants, révèle un chiffre absolument fascinant.

[PAUSE] Écoutez bien : 78 % des dirigeants estiment que leur propre niveau de télétravail est adapté. Mais quand on leur demande d'évaluer celui de leurs collaborateurs, ils ne sont plus que 49 % à porter le même jugement.

[FORT] Trente points d'écart. Trente points.

Cette asymétrie cognitive — « c'est bien pour moi mais pas pour eux » — mérite qu'on la creuse. Que disent les dirigeants sur les bénéfices personnels du télétravail ? Ils citent le gain de temps sur les trajets pour 76 % d'entre eux, un meilleur équilibre vie pro-vie perso pour 69 %, une concentration accrue pour 54 %, un gain d'efficacité pour 47 %, et un confort de travail amélioré pour 40 %. Et surtout, 94 % reconnaissent que le télétravail est efficace pour les activités solo.

[PAUSE] Mais quand on parle des difficultés ? Toutes sont d'ordre collectif : manque de communication informelle, sentiment d'isolement, perte de visibilité, baisse de la créativité collective, difficultés de contrôle managérial.

[FORT] Vous voyez la mécanique ? Les bénéfices sont individuels, les coûts sont collectifs. Et comme chaque dirigeant vit d'abord son propre télétravail à titre individuel, il en voit les bénéfices. Mais quand il regarde ses équipes, il en voit les coûts.

Pour les responsables RH et les organismes de formation, il y a un vrai chantier : construire des dispositifs de développement managérial qui aident à sortir de ce biais. Former les managers à distinguer leur expérience personnelle de leur lecture collective. C'est un enjeu de formation majeur pour 2026 et 2027.

[TRANSITION]

[FORT] Sujet numéro quatre : l'écologisation des métiers du BTP, ce que révèle le Céreq.

En juin 2026, le Centre d'études et de recherches sur les qualifications publie un nouveau numéro de sa collection Céreq Essentiels, intitulé « Travailler et se former pour répondre à la crise climatique ». Neuf contributions de sociologues, économistes et statisticiens. Un panorama solide.

Et une étude en particulier retient l'attention : celle d'Olivia Foli, sociologue, qui a mené des enquêtes qualitatives dans une SCOP et une PME de travaux publics.

[PAUSE] Sa conclusion est un paradoxe frappant.

D'un côté, la transition écologique est bien réelle. Elle est portée par les directions, s'appuie sur des stratégies de niche, des certifications RSE, un ancrage territorial. De l'autre, quand on regarde le travail réel, celui des équipes sur les chantiers, [FORT] presque rien n'a changé.

Oui, il y a du tri des déchets, de l'économie circulaire, de nouveaux protocoles environnementaux. Mais le contenu professionnel des tâches reste largement inchangé. Les compétences techniques ne sont pas véritablement redéfinies. Et la sensibilisation, confiée à des chargées de mission QSE, s'avère insuffisante et génère parfois des tensions internes.

Je cite le Céreq : [PAUSE] « L'écologisation de l'entreprise ne se traduit pas encore par une véritable écologisation du travail, faute d'un dialogue collectif sur les conditions et l'organisation du travail. »

Pour les organismes de formation et les CFA du bâtiment et des travaux publics, ce constat est un appel à l'action. Dans le contexte de la loi Climat et Résilience d'août 2021, il ne suffit plus d'ajouter un module « développement durable » en fin de parcours. Il faut repenser en profondeur les référentiels métiers, les gestes techniques, les critères de qualité. [FORT] Sinon, l'écologisation restera une communication de façade.

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[FORT] Cinquième et dernier sujet : le sentiment d'appartenance, investissement RH ou charge comptable ?

On termine avec un sujet qui semble parfois flou, presque intangible, mais qui est en réalité massivement documenté.

Suzanne Castel, fondatrice du cabinet Cabalys, rappelle dans une tribune de juillet 2026 une distinction fondamentale : appartenir à une entreprise est un fait juridique. Se sentir appartenir, c'est tout autre chose. [PAUSE] On peut cocher toutes les cases administratives sans ressentir la moindre adhésion.

L'Observatoire de la formation professionnelle du Québec définit le sentiment d'appartenance comme « le fait de faire partie d'un groupe et de s'y sentir bien, important et respecté ». Trois mots-clés : bien, important, respecté.

[FORT] Et les chiffres, eux, sont sans appel.

Selon Gallup, seulement 30 % des salariés estiment que leur opinion compte réellement dans leur organisation. Si ce taux passait à 60 %, on observerait une réduction du turnover de 27 %, un gain de productivité de 12 %, et une diminution de 40 % des accidents de sécurité. [PAUSE] Quarante pour cent d'accidents en moins. Rien qu'en faisant sentir aux gens que leur voix compte.

L'institut BetterUp va encore plus loin, associant un fort sentiment d'appartenance à des hausses significatives de performance.

Les manifestations du manque d'appartenance sont bien connues : désengagement, dégradation des relations d'équipe, baisse de productivité, ralentissement de l'innovation, insatisfaction client, turnover, absentéisme.

[PAUSE] Pour les responsables formation, il y a là un message clair : les dispositifs d'onboarding, de mentorat, de formation collective, de développement des compétences transversales, ne sont pas des lignes de coût. Ce sont des investissements directs dans le sentiment d'appartenance. Et donc dans la performance.

[TRANSITION]

[FORT] Ce qu'il faut retenir de cet épisode.

Cinq sujets, mais une ligne commune : [PAUSE] les organisations sont face à un miroir. Les jeunes leur renvoient leurs incohérences. L'IA leur renvoie leur dépendance. Le télétravail leur renvoie leurs biais. L'écologisation leur renvoie l'écart entre le discours et le geste. Et le sentiment d'appartenance leur renvoie la qualité réelle de leur lien avec les collaborateurs.

Pour les acteurs de la formation professionnelle, la mission est claire : ne pas être des exécutants, mais des architectes. Concevoir des parcours qui ne se contentent pas de transmettre des contenus, mais qui aident les organisations à mieux se regarder elles-mêmes.

[PAUSE] Voilà, c'est terminé pour aujourd'hui. Merci de m'avoir écouté. Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à le partager avec vos collègues, à laisser un commentaire, à vous abonner. Et surtout, dites-moi : quel sujet vous a le plus interpellé cette semaine ?

Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel épisode d'ActuFormation. D'ici là, portez-vous bien, et continuez à former, à apprendre, à questionner.

[PAUSE] À très bientôt.

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