Contexte : une réponse gouvernementale d'urgence face aux incendies
Les incendies qui ont frappé la Gironde et les Landes en 2026 ont provoqué des perturbations économiques majeures pour de nombreuses entreprises locales, notamment des PME fortement exposées aux conséquences directes des sinistres : suspension ou réduction d'activité, difficultés d'approvisionnement, inaccessibilité des locaux ou des zones de travail. Face à cette situation, le ministère du Travail, de la Santé et des Solidarités a annoncé le 4 août 2026 un renforcement du soutien public pour permettre à ces entreprises de reprendre leur activité dans les meilleurs délais tout en évitant des licenciements économiques.
Ce qui change : des mesures exceptionnelles activées
Le gouvernement mobilise un ensemble de dispositifs d'urgence à destination des structures impactées. Ces mesures s'inscrivent dans le cadre juridique des dispositifs de crise, notamment l'activité partielle renforcée, prévue par les articles L. 5122-1 et suivants du Code du travail, ainsi que les mécanismes d'accompagnement économique territorialisés.
- Activité partielle facilitée : les entreprises des zones sinistrées peuvent bénéficier d'un accès accéléré au dispositif d'activité partielle, avec des délais d'instruction raccourcis par les DDETS (Directions Départementales de l'Emploi, du Travail et des Solidarités).
- Prise en charge renforcée : le taux de remboursement de l'allocation d'activité partielle peut être relevé dans le cadre d'une reconnaissance de sinistre exceptionnel, afin de limiter le reste à charge pour les employeurs.
- Report de charges sociales et fiscales : en lien avec les URSSAF et la DGFIP, des reports de cotisations sont accessibles pour les entreprises justifiant d'une situation de force majeure liée aux incendies.
- Accompagnement des salariés : les salariés placés en activité partielle perçoivent une indemnisation égale à 70 % de leur rémunération brute, soit environ 84 % du salaire net, conformément aux dispositions en vigueur.
- Mobilisation des OPCO : les opérateurs de compétences sont invités à proposer des formations courtes aux salariés en activité partielle, en lien avec les besoins de reconversion ou de maintien dans l'emploi des secteurs touchés (sylviculture, tourisme, agriculture, BTP).
Qui est concerné ?
Ces mesures s'adressent en priorité aux acteurs économiques situés dans les périmètres reconnus comme zones sinistrées par arrêté préfectoral en Gironde et dans les Landes. Sont notamment visés :
- Les PME et TPE de moins de 250 salariés dont l'activité est directement ou indirectement affectée par les incendies ;
- Les artisans, commerçants et travailleurs indépendants confrontés à une interruption d'activité ;
- Les organismes de formation et CFA implantés dans les zones touchées, dont les activités pédagogiques ont pu être suspendues ou perturbées.
Actions immédiates à mener
Les entreprises et organismes concernés doivent agir rapidement pour bénéficier des dispositifs disponibles :
- Contacter sans délai la DDETS de votre département (Gironde ou Landes) pour signaler votre situation et initier une demande d'activité partielle ou d'accompagnement spécifique.
- Rassembler les justificatifs attestant du lien entre les incendies et les difficultés économiques subies (fermeture administrative, inaccessibilité des locaux, baisse de chiffre d'affaires documentée).
- Contacter votre URSSAF pour solliciter un report ou un étalement des cotisations sociales en invoquant la situation de force majeure.
- Solliciter votre OPCO pour identifier des formations mobilisables pendant les périodes d'inactivité, en priorité via le FNE-Formation activé en contexte de crise.
- Vérifier l'éligibilité de vos salariés au CPF de transition professionnelle si des reconversions s'avèrent nécessaires à moyen terme.
Points clés à retenir
- Des mesures exceptionnelles d'activité partielle sont accessibles aux PME des zones sinistrées de Gironde et des Landes depuis le 4 août 2026.
- Les organismes de formation et CFA de ces territoires sont également éligibles à certains dispositifs de soutien.
- La mobilisation des OPCO et du FNE-Formation est fortement encouragée pour accompagner les salariés pendant la reprise d'activité.
- Les demandes doivent être initiées rapidement auprès des DDETS compétentes pour bénéficier des délais d'instruction accélérés.