La promotion rapide ne fait plus rêver les jeunes générations
C'est l'un des enseignements les plus saillants de l'édition 2026 de l'enquête mondiale annuelle du cabinet Deloitte, conduite auprès de plus de 22 500 membres de la Génération Z et des millennials dans 44 pays : la quête de promotion rapide n'est plus au cœur des ambitions professionnelles de ces deux générations. Seuls 25 % des membres de la Gen Z et 21 % des millennials déclarent aujourd'hui rechercher une progression de carrière accélérée.
Ce chiffre ne doit pourtant pas être interprété comme un désengagement ou un manque d'ambition. La grande majorité des répondants — 76 % de la Gen Z et 67 % des millennials — envisagent toujours d'occuper un poste de direction au cours de leur vie professionnelle. Mais cette perspective s'inscrit désormais dans un horizon temporel plus long, moins linéaire, et surtout moins urgent : à peine 6 % des répondants placent l'accès à des fonctions managériales en tête de leurs objectifs immédiats.
Le management est en effet perçu comme un rôle particulièrement exigeant, associé à une charge mentale élevée et à un risque accru d'épuisement professionnel. Près d'un répondant sur deux préfère construire son parcours de manière progressive, quitte à accepter des transitions latérales ou à ralentir son évolution pour trouver un environnement de travail davantage aligné avec ses valeurs et ses attentes de qualité de vie.
Le coût de la vie, premier frein aux projets professionnels et personnels
Pour la cinquième année consécutive, le coût de la vie s'impose comme la préoccupation numéro un des jeunes actifs interrogés par Deloitte. Cette pression économique structurelle pèse directement sur les arbitrages professionnels. Plus d'un répondant sur deux — 55 % de la Gen Z et 52 % des millennials — déclare avoir reporté un projet personnel significatif : création d'une famille, reprise d'études, lancement d'une activité entrepreneuriale.
La question du logement constitue un facteur particulièrement déterminant pour la mobilité professionnelle. Près de 7 membres de la Gen Z sur 10 indiquent que le coût ou l'accessibilité du logement influence leurs choix de carrière, notamment leur capacité ou leur volonté de changer de région ou de ville pour saisir de nouvelles opportunités.
Malgré ce contexte économique tendu, les perspectives subjectives restent nuancées : 53 % de la Gen Z et 45 % des millennials estiment que leur situation financière personnelle devrait s'améliorer au cours des douze prochains mois, témoignant d'un optimisme relatif qui coexiste avec des contraintes bien réelles.
L'intelligence artificielle s'impose comme outil d'évolution professionnelle
L'édition 2026 de l'étude Deloitte confirme une tendance de fond : près des trois quarts des jeunes actifs interrogés utilisent désormais des outils d'intelligence artificielle de manière régulière dans leur vie professionnelle. Et l'usage va bien au-delà de la simple productivité bureautique : ces outils sont mobilisés pour rechercher des formations, préparer une évolution de carrière ou obtenir des conseils professionnels personnalisés.
Cette adoption rapide contraste avec la perception que ces mêmes répondants ont de leurs employeurs : près d'un répondant sur trois estime que son organisation n'est pas suffisamment préparée à faire face aux transformations induites par l'IA. Un décalage qui constitue un signal fort pour les départements RH et formation.
Par ailleurs, plus d'un répondant sur deux exprime une forme de fatigue numérique liée à la multiplication des plateformes collaboratives, des outils de communication et des notifications permanentes. Un paradoxe à prendre en compte dans la conception des dispositifs de formation digitale.
Transmission des savoirs : un enjeu stratégique pour les organismes de formation
L'étude soulève enfin un enjeu de taille pour les acteurs de la formation professionnelle : le départ progressif des générations baby-boomers du marché du travail crée un risque de perte de compétences clés non encore documentées ni transmises. Les jeunes répondants expriment une inquiétude réelle face à cette perspective.
Dans ce contexte, l'intelligence artificielle est envisagée positivement : la majorité des répondants estiment qu'elle pourrait permettre aux collaborateurs en début de carrière de capitaliser plus rapidement sur l'expérience accumulée par leurs aînés, notamment via des outils de knowledge management ou de simulation.
Pour les organismes de formation, les CFA et les responsables formation en entreprise, ces tendances appellent à repenser les dispositifs d'accompagnement des parcours professionnels. Les attentes des jeunes actifs ne portent plus seulement sur l'acquisition de compétences techniques, mais sur la construction d'un projet professionnel cohérent, progressif et respectueux de l'équilibre vie professionnelle/vie personnelle.
Points clés à retenir
- 25 % de la Gen Z et 21 % des millennials seulement recherchent une progression de carrière rapide (étude Deloitte 2026, 22 500 répondants, 44 pays).
- Le coût de la vie reste la première préoccupation des jeunes actifs pour la 5e année consécutive, impactant directement la mobilité géographique.
- 3 jeunes actifs sur 4 utilisent régulièrement des outils d'IA, notamment pour leur développement professionnel et la recherche de formations.
- Le départ des baby-boomers fait de la transmission des compétences un enjeu stratégique urgent pour les entreprises et les OF.
- Les jeunes actifs attendent des parcours professionnels progressifs, flexibles et alignés avec leurs valeurs, davantage que des promotions rapides.