Un marché de l'emploi structurellement solide, mais en mutation
Le Ministère du Travail, de la Santé et des Solidarités a publié le 7 août 2026 les chiffres officiels du taux de chômage pour le deuxième trimestre 2026. Si les fondamentaux du marché du travail français demeurent robustes, une hausse du taux de chômage est néanmoins enregistrée. Le ministère l'explique en partie par la poursuite des effets de la loi pour le plein emploi (loi n° 2023-1196 du 18 décembre 2023), dont les dispositions continuent de produire leurs effets sur les statistiques de l'emploi et sur les populations actives inscrites à France Travail.
Cette évolution n'est donc pas le seul reflet d'une dégradation conjoncturelle, mais traduit également un élargissement du périmètre des personnes comptabilisées comme demandeuses d'emploi, notamment du fait de l'inscription obligatoire de certains publics — dont les bénéficiaires du RSA — auparavant absents des statistiques du chômage au sens du Bureau International du Travail (BIT).
Ce que change la loi Plein Emploi sur les indicateurs statistiques
La loi Plein Emploi a instauré une réforme structurelle de l'accompagnement des demandeurs d'emploi et des allocataires de minima sociaux. Parmi ses effets directs sur les chiffres du chômage :
- L'inscription automatique à France Travail des bénéficiaires du RSA et des personnes en situation de handicap accompagnées par Cap Emploi, élargissant mécaniquement le vivier des personnes comptabilisées dans les statistiques.
- Le renforcement des obligations d'activité et de formation pour les nouveaux inscrits, avec des contreparties en termes d'heures d'accompagnement ou de formation.
- Une redéfinition progressive des parcours d'insertion intégrant davantage la montée en compétences comme levier central de retour à l'emploi.
Impacts directs pour les organismes de formation et les CFA
Cette évolution du marché du travail crée une opportunité — et une responsabilité — accrue pour l'ensemble des acteurs de la formation professionnelle :
- Organismes de formation (OF) : anticiper une hausse des prescriptions vers des publics éloignés de l'emploi, notamment les bénéficiaires du RSA orientés par France Travail vers des parcours qualifiants.
- CFA : renforcer les dispositifs d'accueil et d'accompagnement des apprenants issus de publics fragiles intégrés dans les nouvelles obligations de la loi.
- Formateurs indépendants : se positionner sur les appels d'offres France Travail et les marchés régionaux liés aux parcours d'insertion professionnelle.
- Responsables RH et formation : intégrer dans leur GEPP les nouvelles dynamiques de tension sur certains bassins d'emploi, amplifiées par l'élargissement du marché du travail statistique.
Actions à mener immédiatement
- Vérifier votre référencement auprès de France Travail pour être éligible aux prescriptions liées aux nouveaux publics inscrits.
- Adapter vos offres de formation aux besoins spécifiques des bénéficiaires du RSA et des personnes en situation de handicap nouvellement orientés.
- Maintenir votre certification Qualiopi à jour, condition sine qua non pour accéder aux financements publics et mutualisés associés à ces parcours.
- Suivre les évolutions réglementaires découlant des décrets d'application de la loi n° 2023-1196, notamment ceux relatifs aux obligations d'activité et aux cahiers des charges des parcours d'accompagnement intensif.
Point clé : La hausse du chômage au T2 2026 ne doit pas être lue comme un signal d'alarme isolé, mais comme le reflet d'une transformation profonde du marché du travail portée par la loi Plein Emploi. Les organismes de formation ont un rôle central à jouer dans la réussite de cette réforme.