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Budgets RH en hausse : 40 % des entreprises françaises investissent malgré l'incertitude

Malgré un contexte économique instable, 40 % des entreprises françaises prévoient d'augmenter leurs budgets RH d'ici 2028, selon l'étude Indeed/Infopro Digital.

Budgets RH en hausse : 40 % des entreprises françaises investissent malgré l'incertitude
7 septembre 20265 min de lecturePar Rédaction ActuFormation

Un contexte géopolitique et économique qui s'invite dans les arbitrages RH

Conflits internationaux, tensions commerciales transatlantiques, incertitudes électorales : le climat mondial pèse désormais directement sur les décisions des directions des ressources humaines en France. C'est l'un des enseignements clés de l'étude menée par Indeed avec l'institut Infopro Digital, réalisée auprès de 800 décideurs de directions générales et RH d'entreprises d'au moins 10 salariés, interrogés en ligne du 6 au 24 avril 2026.

Selon cette étude, 73 % des décideurs RH déclarent que le contexte économique et géopolitique influence nettement leur stratégie RH. Ce chiffre monte à 81 % dans les services aux entreprises, 80 % dans la construction et 74 % dans le secteur des transports. Une réalité qui traduit à quel point la fonction RH est désormais en première ligne face aux turbulences macro-économiques, bien au-delà de sa sphère traditionnelle d'action.

Conséquence directe de cette instabilité : la capacité des entreprises à se projeter dans le temps se réduit sensiblement, surtout sur les questions de recrutement. Seuls 30 % des décideurs disposent d'une visibilité d'un an ou plus sur leurs besoins en recrutement, contre 40 % pour les plans de formation et 38 % pour les besoins en compétences. L'écart est encore plus marqué selon les secteurs : l'industrie ne dépasse pas 24 % de visibilité à un an, quand la santé atteint 39 %, portée par des besoins en personnel plus structurels.

Recrutement et pénurie de talents : le paradoxe de l'enjeu numéro un

Ce déficit de visibilité ne fait pas disparaître les tensions déjà bien installées sur le marché du travail français. Au contraire, les difficultés de recrutement et la pénurie de talents restent le premier enjeu RH cité par les décideurs, à 37 %, devant les contraintes budgétaires (36 %) et les transformations technologiques liées à l'intelligence artificielle et à la digitalisation (32 %).

Un paradoxe s'impose ainsi : les entreprises peinent à se projeter sur leurs besoins de recrutement à moyen terme, alors même que recruter demeure leur difficulté principale au quotidien. Ce constat est particulièrement saillant dans la grande distribution, où 48 % des décideurs classent les difficultés de recrutement parmi leurs trois principaux enjeux, devant les services aux entreprises (44 %) et la santé (37 %).

Pour les organismes de formation et les CFA, ce tableau offre une lecture stratégique : dans un marché du travail sous tension, les entreprises ne peuvent se passer ni d'actions de recrutement soutenues, ni de programmes de montée en compétences de leurs collaborateurs existants. La formation professionnelle s'impose ici comme levier d'ajustement face à un recrutement difficile et coûteux.

40 % des entreprises prévoient une hausse de leurs budgets RH

Contre toute attente, l'incertitude ambiante ne se traduit pas par un gel des investissements RH. 40 % des entreprises anticipent une hausse de leurs budgets RH dans les deux à trois prochaines années, contre seulement 21 % qui prévoient une baisse. Ce ratio, favorable à l'investissement, dessine une fonction RH qui choisit d'absorber l'instabilité plutôt que de la subir passivement.

Fait particulièrement révélateur : ce sont les entreprises qui se déclarent le plus affectées par le contexte économique et géopolitique qui prévoient le plus souvent d'augmenter leur budget RH (46 %), contre seulement 27 % pour celles peu ou pas impactées. L'incertitude agirait donc comme un accélérateur d'investissement RH, non comme un frein.

La répartition sectorielle confirme ces tendances :

  • Grande distribution : 50 % d'entreprises anticipent une hausse de budget RH
  • Industrie : 42 %
  • Services aux entreprises : 41 %
  • Transports : posture plus prudente avec 33 % de hausses anticipées et 25 % de baisses

Formation et compétences : des horizons de planification plus solides que le recrutement

L'étude révèle un décalage structurant entre les différentes dimensions de la stratégie RH. Alors que la visibilité sur le recrutement reste limitée à 30 % des décideurs ayant un horizon d'un an ou plus, 40 % disposent de cette même visibilité pour leurs plans de formation et 38 % pour leurs besoins en compétences. La formation s'avère ainsi l'axe le mieux anticipé par les directions RH, dans un contexte général de raccourcissement des horizons de planification.

Ce constat est d'autant plus significatif que 64 % des répondants estiment que le contexte actuel modifiera durablement les politiques RH de leur organisation. La transformation n'est pas perçue comme conjoncturelle, mais bien comme structurelle. Pour les responsables formation, les consultants Qualiopi et les organismes de formation, ce signal est porteur d'opportunités : les entreprises cherchent des partenaires capables de construire des parcours de montée en compétences sur le moyen terme, malgré la visibilité réduite sur d'autres postes RH.

La difficulté à élaborer une stratégie RH durable est évaluée à 6,5 sur 10 en moyenne par les décideurs interrogés, avec des niveaux plus élevés dans la construction (6,88/10) et les services aux entreprises (6,87/10). Des scores qui témoignent d'une demande réelle d'accompagnement méthodologique et opérationnel.

Points clés à retenir

  • 73 % des décideurs RH français constatent l'influence du contexte géopolitique sur leur stratégie RH (étude Indeed/Infopro Digital, avril 2026)
  • Seuls 30 % ont une visibilité d'un an ou plus sur leurs besoins en recrutement, contre 40 % pour les plans de formation
  • Le recrutement et la pénurie de talents restent le premier défi RH (37 %), devant les contraintes budgétaires (36 %)
  • 40 % des entreprises prévoient une hausse de leurs budgets RH dans les 2 à 3 prochaines années, contre 21 % une baisse
  • Les entreprises les plus affectées par l'incertitude sont paradoxalement celles qui prévoient le plus d'augmenter leurs budgets RH (46 %)
  • 64 % des décideurs estiment que la crise actuelle modifiera durablement les politiques RH de leur organisation

Pour les acteurs de la formation professionnelle, ce contexte constitue une fenêtre d'opportunité : dans un environnement où recruter est difficile et coûteux, la montée en compétences interne devient un investissement stratégique que les entreprises sont prêtes à soutenir financièrement, même en période d'incertitude.

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