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Arrêt maladie non professionnel : droits et obligations du salarié

Suspension du contrat, indemnisation, obligations du salarié : tout savoir sur les absences pour maladie ou accident non professionnel en 2024.

Arrêt maladie non professionnel : droits et obligations du salarié
20 août 20264 min de lecturePar Rédaction ActuFormation

Suspension du contrat de travail : le cadre juridique de l'arrêt maladie

Lorsqu'un salarié est victime d'une maladie ou d'un accident sans lien avec son activité professionnelle, il peut bénéficier d'un arrêt de travail prescrit par un médecin. Dans ce cas, le contrat de travail n'est pas rompu mais simplement suspendu, conformément aux dispositions du Code du travail (articles L. 1226-1 et suivants). L'employeur ne peut pas, en principe, mettre fin à la relation contractuelle au seul motif de l'état de santé du salarié, sous peine de nullité du licenciement.

Cette protection, bien que réelle, n'est pas absolue. Elle s'applique pendant la durée de l'absence, mais peut être remise en cause si l'absence se prolonge de manière excessive ou si les absences répétées désorganisent l'entreprise au point de nécessiter un remplacement définitif du salarié.

Les obligations du salarié pendant l'arrêt de travail

Toute absence pour raison médicale impose au salarié de respecter un certain nombre de démarches obligatoires, faute de quoi il s'expose à des sanctions, notamment la suspension des indemnités journalières versées par la Sécurité sociale.

  • Délai de transmission de l'avis d'arrêt : le salarié dispose de 48 heures pour adresser à son employeur le volet n°3 de l'avis d'arrêt de travail, et envoyer les volets n°1 et n°2 à sa caisse primaire d'assurance maladie (CPAM).
  • Respect des heures de sortie autorisées : sauf mention contraire du médecin (sortie libre), le salarié doit rester à son domicile de 9h à 11h et de 14h à 16h.
  • Interdiction d'exercer une activité rémunérée : le salarié en arrêt ne peut exercer aucune activité professionnelle, sous peine de devoir rembourser les indemnités journalières perçues et de s'exposer à un licenciement pour faute.
  • Se soumettre aux contre-visites médicales : l'employeur peut diligenter un médecin contrôleur pour vérifier le bien-fondé de l'arrêt. Si le médecin conclut à l'absence de justification médicale, l'employeur peut suspendre le versement des indemnités complémentaires.

Indemnisation : entre Sécurité sociale et maintien de salaire par l'employeur

Pendant la période d'arrêt de travail, le salarié peut percevoir deux types d'indemnisation cumulables sous conditions :

Les indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS)

Versées par la CPAM à partir du 4e jour d'arrêt (après un délai de carence de 3 jours), les IJSS sont calculées sur la base du salaire journalier de base. Leur montant est égal à 50 % du salaire journalier de base, dans la limite d'un plafond fixé chaque année par la Sécurité sociale. Le salarié doit justifier d'une durée minimale de cotisation et d'heures travaillées pour y prétendre.

Le maintien de salaire par l'employeur

En vertu de l'article L. 1226-1 du Code du travail, le salarié ayant au moins un an d'ancienneté bénéficie d'un maintien partiel de sa rémunération par l'employeur, en complément des IJSS. Les conditions et durées de ce maintien varient selon la convention collective applicable et l'ancienneté du salarié. À titre indicatif, la loi prévoit :

  • 30 premiers jours : maintien à 90 % de la rémunération brute
  • 30 jours suivants : maintien à 66,66 % de la rémunération brute

Ces durées peuvent être allongées selon l'ancienneté (par tranche de 5 ans supplémentaires) et sont souvent plus favorables dans les conventions collectives de branche.

Absences prolongées ou répétées : quand le licenciement devient possible

Si la protection du salarié malade est un principe fondamental du droit du travail, la jurisprudence reconnaît à l'employeur la possibilité de licencier un salarié en raison de la perturbation objective causée à l'entreprise par ses absences, et non de son état de santé lui-même. Ce licenciement est encadré par des conditions strictes :

  • Les absences doivent être répétées ou l'arrêt particulièrement long ;
  • Elles doivent entraîner une désorganisation avérée du service concerné ;
  • L'employeur doit démontrer la nécessité de procéder à un remplacement définitif du salarié ;
  • La procédure de licenciement classique doit être respectée (convocation à entretien préalable, respect des délais légaux).

Il est à noter que le licenciement pour inaptitude médicalement constatée par le médecin du travail obéit, quant à lui, à des règles spécifiques distinctes (articles L. 1226-2 et suivants du Code du travail).

Points clés à retenir

  • L'arrêt maladie non professionnel suspend le contrat de travail sans le rompre.
  • Le salarié doit transmettre son avis d'arrêt dans les 48 heures à son employeur et à la CPAM.
  • Les IJSS sont versées après un délai de carence de 3 jours, à partir du 4e jour d'arrêt.
  • Le maintien de salaire par l'employeur est conditionné à un an d'ancienneté minimum.
  • Un licenciement fondé sur la désorganisation de l'entreprise reste possible mais encadré juridiquement.
  • Exercer une activité rémunérée pendant un arrêt maladie expose le salarié à des sanctions civiles et disciplinaires.

Pour les responsables RH et les organismes de formation dont les salariés ou formateurs sont régulièrement amenés à alterner activité et absences, une bonne maîtrise de ces règles est indispensable pour sécuriser la gestion des ressources humaines et anticiper les risques contentieux.

Sources citées

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