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Congé de proche aidant : ce que les employeurs et salariés doivent savoir

Le congé de proche aidant permet de suspendre son contrat sans ancienneté requise. Conditions, durée, allocation journalière : tour d'horizon du dispositif.

Congé de proche aidant : ce que les employeurs et salariés doivent savoir
10 mai 20264 min de lecture0 vuesPar IA ActuFormation — À valider

Qu'est-ce que le congé de proche aidant ?

Institué par la loi n° 2019-1446 du 24 décembre 2019 de financement de la sécurité sociale et précisé par le décret n° 2020-1208 du 1er octobre 2020, le congé de proche aidant (CPA) constitue un droit ouvert à tout salarié souhaitant accompagner un proche en situation de handicap ou une personne âgée en perte d'autonomie. Contrairement à d'autres dispositifs de conciliation vie professionnelle/vie personnelle, ce congé ne soumet son bénéficiaire à aucune condition d'ancienneté dans l'entreprise.

Ce mécanisme s'adresse à un public large : conjoints, concubins, partenaires liés par un PACS, mais aussi ascendants, descendants, collatéraux jusqu'au quatrième degré, ou toute personne résidant avec le salarié et entretenant des liens étroits et stables. L'enjeu est de reconnaître et de sécuriser juridiquement un rôle d'aidant qui concerne aujourd'hui plusieurs millions de personnes en France.

Les conditions d'accès et les modalités de prise du congé

Pour bénéficier du congé de proche aidant, le salarié doit informer son employeur par écrit, en respectant un délai de prévenance fixé par convention collective ou, à défaut, d'un mois. La demande doit mentionner la durée envisagée et être accompagnée d'une déclaration sur l'honneur attestant du lien avec le proche aidé et, le cas échéant, d'un justificatif du handicap ou de la perte d'autonomie.

Le congé peut être pris de plusieurs façons :

  • En continu : le salarié suspend intégralement son activité pour une durée déterminée.
  • De manière fractionnée : le congé est échelonné sur plusieurs périodes, sous réserve d'un accord avec l'employeur.
  • Sous forme de temps partiel : le salarié réduit sa durée de travail, avec l'accord de l'employeur.

La durée maximale du congé est fixée à trois mois, renouvelable dans la limite d'un an sur l'ensemble de la carrière professionnelle du salarié. Passé ce délai, le retour dans l'emploi est garanti : le salarié retrouve son poste précédent ou un poste équivalent avec une rémunération au moins identique.

Une absence non rémunérée, mais compensée sous conditions

Le congé de proche aidant n'est pas rémunéré par l'employeur : le contrat de travail est suspendu et aucune obligation de maintien de salaire ne pèse sur la structure. Cependant, pour atténuer l'impact financier de cette période, le législateur a prévu un mécanisme de compensation : l'allocation journalière du proche aidant (AJPA).

Versée par les Caisses d'Allocations Familiales (CAF) ou la Mutualité Sociale Agricole (MSA) pour les salariés du régime agricole, cette allocation est soumise à plusieurs conditions cumulatives :

  • Cesser ou réduire son activité professionnelle pour accompagner le proche aidé.
  • Le proche accompagné doit résider en France de manière stable et régulière.
  • Le bénéficiaire ne doit pas percevoir d'indemnités journalières de sécurité sociale au titre du même arrêt.

Le montant de l'AJPA est revalorisé annuellement. À titre indicatif, il s'élève en 2025 à environ 64 euros par jour pour une personne vivant en couple et à environ 75 euros par jour pour une personne vivant seule. Le nombre de jours indemnisables est plafonné à 66 jours sur l'ensemble de la vie professionnelle de l'aidant.

Les implications pratiques pour les employeurs et les responsables RH

Pour les directions des ressources humaines et les responsables formation, le congé de proche aidant soulève plusieurs questions organisationnelles et réglementaires. L'employeur ne peut pas s'opposer à la prise du congé, mais peut en négocier les modalités (fractionnement, temps partiel) en l'absence d'accord collectif spécifique.

Il est recommandé aux entreprises de :

  • Mettre à jour leur règlement intérieur ou leur charte RH pour intégrer les procédures de demande de CPA.
  • Former les managers de proximité à l'identification des situations d'aidance et à l'orientation vers les dispositifs existants.
  • Anticiper les remplacements temporaires, notamment via le recours au contrat à durée déterminée de remplacement ou à l'intérim.
  • Informer les salariés concernés de l'existence de l'AJPA et des démarches auprès de la CAF.

Par ailleurs, les organismes de formation et CFA employeurs sont soumis aux mêmes obligations que tout employeur de droit privé. La gestion de l'absence d'un formateur en congé de proche aidant doit être anticipée dans le cadre du plan de continuité pédagogique, notamment au regard des exigences du référentiel Qualiopi (critère 2 relatif à la gestion des ressources humaines).

Points clés à retenir

  • Le congé de proche aidant est accessible sans condition d'ancienneté, dès l'embauche.
  • Sa durée maximale est de 3 mois renouvelables, dans la limite d'un an sur toute la carrière.
  • Il peut être pris en continu, de façon fractionnée ou sous forme de temps partiel.
  • L'employeur ne peut pas refuser le congé, mais peut en négocier les modalités.
  • L'AJPA versée par la CAF compense partiellement la perte de revenus, dans la limite de 66 jours sur la vie professionnelle.
  • Les responsables RH doivent anticiper les remplacements et informer les salariés de leurs droits.

Face au vieillissement de la population et à l'allongement de la durée de vie, le nombre d'aidants actifs est appelé à croître significativement. Maîtriser ce dispositif est aujourd'hui un impératif pour tout acteur des ressources humaines soucieux d'allier performance organisationnelle et responsabilité sociale.

Sources citées

  • [1]Ministère du Travail, de la Santé et des Solidarités — https://travail-emploi.gouv.fr/le-conge-de-proche-aidant