Un niveau de formation à l'IA encore largement insuffisant
Le constat est sans appel. Selon le Baromètre Edflex 2026 de la formation professionnelle, réalisé auprès de 200 spécialistes formation issus de PME, ETI et grands groupes, 66 % des responsables formation estiment que le niveau de compétences en intelligence artificielle de leurs collaborateurs demeure insuffisant. Plus préoccupant encore : 23 % des organisations interrogées n'ont à ce jour déployé aucune formation dédiée à l'IA, laissant leurs équipes sans outillage face à une transformation technologique qui s'accélère.
Ce décalage entre la réalité du terrain et les enjeux de compétitivité des entreprises interpelle directement les responsables RH, les directions formation et les organismes de formation. Alors que l'IA s'impose progressivement dans la quasi-totalité des métiers et des secteurs, la montée en compétences des salariés reste à la traîne des ambitions affichées par les directions générales.
Des freins multiples : budget, adéquation des solutions et sécurité des données
Si la volonté de former est présente — 94 % des répondants considèrent que les formats pédagogiques intégrant l'IA peuvent répondre à leurs enjeux — les obstacles à la mise en œuvre restent nombreux et variés. L'étude identifie trois catégories principales de freins :
- Les contraintes budgétaires : citées par 46 % des professionnels interrogés, elles constituent le premier obstacle à l'engagement de parcours de formation IA à grande échelle.
- L'inadéquation perçue des solutions disponibles : 41 % des répondants estiment que les offres existantes ne correspondent pas précisément à leurs besoins métiers ou à leur contexte organisationnel.
- Les enjeux de sécurité des données et de conformité réglementaire : évoqués par 40 % des sondés, ils renvoient notamment aux exigences du Règlement général sur la protection des données (RGPD) ainsi qu'aux premières dispositions de l'AI Act européen, entré progressivement en application depuis 2024.
Par ailleurs, les formats pédagogiques traditionnels montrent leurs limites. Les classes virtuelles classiques sont jugées complexes à organiser par 44 % des professionnels, et 37 % pointent une qualité d'expérience inégale selon les sessions. Enfin, un chiffre particulièrement révélateur : 72 % des répondants s'auto-évaluent à moins de 5 sur 10 dans leur maîtrise de l'IA appliquée à la formation, y compris parmi les spécialistes du secteur.
AI Virtual Class : une réponse individualisée aux limites du format collectif
C'est dans ce contexte que la plateforme Edflex annonce le lancement d'AI Virtual Class, une solution de formation individualisée reposant sur un formateur virtuel propulsé par l'intelligence artificielle. Le principe : permettre à chaque apprenant de travailler en tête-à-tête avec un agent IA spécialisé dans son domaine, lors de sessions d'environ trente minutes, structurées comme un cycle complet d'apprentissage.
Concrètement, la solution proposée articule plusieurs fonctionnalités pédagogiques :
- Une évaluation initiale du niveau de l'apprenant pour personnaliser le parcours dès la première interaction ;
- Des mises en situation professionnelles et des exercices pratiques contextualisés ;
- Des retours immédiats et personnalisés sur les performances, à l'issue de chaque exercice ;
- Des recommandations de contenus complémentaires, adaptées au profil et aux lacunes identifiées.
L'ambition affichée est double : offrir d'une part une expérience de formation dépourvue de pression sociale — sans public, sans jugement de groupe — et permettre d'autre part un déploiement à grande échelle, sans les contraintes logistiques et financières inhérentes au coaching individuel traditionnel. La solution est annoncée disponible en plusieurs langues dès son lancement et conçue pour s'intégrer aux LMS (Learning Management Systems) déjà utilisés par les entreprises.
Quelles implications pour les organismes de formation et les responsables formation ?
L'émergence de ce type de solution soulève des questions structurantes pour l'ensemble des acteurs de la formation professionnelle. Pour les organismes de formation et les formateurs indépendants, la montée en puissance des formateurs virtuels IA invite à repenser le positionnement de l'expertise humaine : animation de situations complexes, accompagnement au changement, évaluation qualitative des compétences comportementales — autant de dimensions que l'IA ne remplace pas encore.
Pour les responsables formation et RH, ces outils représentent une opportunité concrète de répondre à l'obligation de formation prévue par la loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel, tout en maîtrisant les coûts et en garantissant une traçabilité des apprentissages. La question de la certification Qualiopi reste néanmoins entière : les solutions IA devront démontrer leur conformité aux exigences du Référentiel National Qualité (RNQ), notamment en matière de personnalisation des parcours (critère 6) et d'évaluation des acquis (critère 7).
« 94 % des responsables formation estiment que les formats pédagogiques intégrant l'IA peuvent répondre à leurs enjeux. » — Baromètre Edflex 2026
Points clés à retenir
- 66 % des responsables formation jugent le niveau IA de leurs collaborateurs insuffisant (Baromètre Edflex 2026).
- 23 % des organisations n'ont encore mis en place aucune formation dédiée à l'IA.
- Les trois principaux freins sont : le budget (46 %), l'inadéquation des solutions (41 %) et la sécurité des données (40 %).
- AI Virtual Class (Edflex) propose des sessions individualisées de 30 minutes avec un formateur IA, intégrables aux LMS existants.
- Les organismes de formation certifiés Qualiopi devront vérifier la conformité de ces outils au RNQ avant intégration dans leurs parcours.
- L'IA en formation ne remplace pas l'expertise humaine mais en redéfinit le périmètre d'intervention.
Le déploiement à grande échelle de formateurs virtuels IA marque une étape significative dans la transformation des pratiques pédagogiques. Si les promesses en matière de personnalisation et de scalabilité sont réelles, leur traduction opérationnelle dans des environnements réglementés — et leur articulation avec les exigences qualité du secteur — restent des chantiers ouverts pour les mois à venir.