Un événement mondial aux répercussions RH massives
À quelques jours du coup d'envoi de la Coupe du Monde de football 2026, une étude menée par UKG (Ultimate Kronos Group) auprès de 8 000 salariés dans huit pays tire la sonnette d'alarme pour les employeurs. En France, les pertes potentielles de productivité sont estimées à 645 millions d'euros sur les 39 jours de compétition, pour un total mondial de 14 milliards d'euros. Un signal fort que les responsables RH et les organismes de formation ne peuvent ignorer.
Ce que révèlent les chiffres pour la France
Les comportements anticipés par les salariés français sont particulièrement significatifs :
- 37 % envisagent d'adapter leur emploi du temps pour suivre les matchs
- 26 % pourraient s'absenter partiellement ou totalement sur certaines journées
- 28 % déclarent être prêts à tester les limites fixées par leur manager
- 18 % pourraient regarder des matchs ou résumés en cachette pendant leurs heures de travail
- 28 % s'attendent à travailler dans un état de fatigue avancée
- 10 % envisagent de travailler au lendemain de matchs avec des effets de la veille
- 33 % prévoient de poser au moins un jour de congé pendant la compétition
Un enjeu de fidélisation sous-estimé
Au-delà de la productivité immédiate, l'étude soulève un enjeu de fond pour la rétention des talents. 52 % des salariés français estiment que leur employeur ne prêtera aucune attention à la Coupe du Monde. Plus préoccupant encore : près d'un salarié sur cinq pourrait envisager de quitter son organisation si celle-ci venait à nuire à son expérience de la compétition.
Les managers sont en première ligne : 44 % des managers français prévoient de prendre un congé pendant le tournoi, contre seulement 21 % des non-managers. Ils anticipent également un afflux de demandes d'aménagements d'horaires de dernière minute à gérer.
Actions immédiates pour les RH et responsables formation
Face à ces perturbations largement prévisibles, plusieurs leviers d'action s'offrent aux employeurs et aux organismes de formation qui doivent maintenir leurs sessions pendant la compétition :
- Anticiper les plannings dès maintenant : identifier les journées à risque (matchs de l'équipe de France, phases finales) et adapter les plannings de formation ou de travail en conséquence.
- Instaurer une politique de flexibilité encadrée : formaliser les conditions d'aménagement d'horaires, de télétravail ou de récupération pour éviter les absences non déclarées.
- Communiquer clairement les règles : rappeler aux équipes les dispositions applicables en matière de congés, d'absences et d'utilisation des outils numériques pendant les heures de travail.
- Adapter les sessions de formation : pour les OF et CFA, reprogrammer si possible les sessions intensives sur les créneaux à faible risque d'absentéisme.
- Transformer l'événement en levier d'engagement : des dispositifs collectifs (diffusion encadrée de matchs, horaires décalés ponctuels) peuvent renforcer la cohésion sans sacrifier la productivité.
Points clés à retenir
- 645 millions € de pertes de productivité estimées en France sur 39 jours de compétition
- 52 % des salariés français pensent que leur employeur ignorera l'événement — un risque d'engagement réel
- La flexibilité anticipée est la réponse la plus efficace selon UKG
- Les managers sont plus impactés que les autres salariés : une vigilance particulière s'impose
- Source : étude UKG / Censuswide, mai 2026, 8 000 répondants dans 8 pays