🚨 Signal d'alerte : l'absentéisme atteint un niveau historique en 2025
Le baromètre annuel Malakoff Humanis, publié en juin 2026 et fondé sur l'analyse de données réelles et anonymisées de 3,8 millions de salariés du secteur privé, confirme une tendance préoccupante : 30,6 % des salariés ont connu au moins un arrêt de travail en 2025. Le taux d'absentéisme global s'établit désormais à 4,3 %, en progression de 3,3 % sur un an et de 25,5 % par rapport à 2019.
Pour les acteurs de la formation professionnelle — organismes de formation, CFA, responsables RH et consultants — ces chiffres imposent une lecture attentive et une réaction structurée.
Ce que révèlent les données clés
Des arrêts plus longs et plus coûteux
- La durée moyenne d'un arrêt passe de 23,1 à 23,7 jours entre 2024 et 2025.
- Les arrêts de plus de 60 jours ne représentent que 9,4 % des cas mais concentrent 63,8 % des journées d'absence.
- Depuis 2019, leur contribution au taux global d'absentéisme a progressé de 6 points.
Les profils les plus touchés
- Les salariés de plus de 55 ans : durée moyenne d'arrêt de près de 40 jours.
- Les jeunes salariés : phénomène de « polyabsentéisme » — plus d'un tiers cumule plusieurs arrêts dans l'année.
- Les cadres : hausse de 35,2 % de leur taux d'absentéisme depuis 2019, les jeunes cadres enregistrant les progressions les plus fortes.
- Les managers : 53 % déclarent avoir connu au moins un arrêt en 2025, un résultat inédit.
La santé mentale, première cause des arrêts longs
La santé mentale représente désormais 37,8 % des arrêts de plus de 30 jours, devant les troubles musculosquelettiques (21,6 %) et les traumatismes (15,1 %). Ce phénomène touche l'ensemble des catégories professionnelles, avec un pic chez les 30-40 ans, et s'explique par une combinaison de facteurs professionnels, sociaux et personnels.
Ce que cela implique concrètement pour les OF, CFA et RH
Malgré une prise de conscience croissante — 98 % des dirigeants reconnaissent l'impact de la santé sur la performance —, 55 % des entreprises n'ont déployé aucune démarche structurée de prévention de l'absentéisme. Ce décalage constitue un levier d'action direct pour les organismes de formation et les responsables formation.
Actions à mener immédiatement
- Intégrer la prévention des risques psychosociaux (RPS) dans votre offre de formation : les besoins des entreprises sont réels, documentés et croissants.
- Proposer des parcours ciblés managers : gestion du stress, prévention de l'épuisement professionnel, management bienveillant dans un contexte hybride.
- Adapter les dispositifs aux profils à risque : jeunes cadres, salariés seniors, managers de proximité.
- Mettre à jour les plans de développement des compétences (PDC) en intégrant des actions de formation en santé au travail, éligibles aux financements OPCO.
- Sensibiliser les dirigeants-employeurs à leurs obligations en matière de prévention (Code du travail, articles L. 4121-1 et suivants) et à l'intérêt des démarches QVT structurées.
Points clés à retenir
- Taux d'absentéisme 2025 : 4,3 % — niveau historiquement élevé.
- Santé mentale = 1er motif des arrêts longs (37,8 %).
- Les managers et jeunes cadres sont désormais en première ligne.
- 55 % des entreprises sans démarche préventive structurée : un marché de la formation à saisir.
- Le cadre légal de la prévention (articles L. 4121-1 et L. 4121-2 du Code du travail) impose à l'employeur une obligation de résultat en matière de santé au travail.